Deux Charentais sur le Nil


Les Charentais Alain Fouquet et Didier Caille vivent la moitié de année sur leur bateau qu'ils ont rénovés sur le Nil. Une aventure égyptienne qu'ils partagent avec des amis.

On ne voit pas beaucoup Alain Fouquet dans sa commune de Courgeac, ni Didier Caille à Montboyer. Les deux Charentais vivent plus de six mois par an sur leur embarcation lointaine sur le Nil. Ils sont les deux heureux propriétaires de deux des quatre dahabeyas rénovées sur le Nil. La « dahabeya » est un bateau propre à l'Égypte qui fut longtemps le seul moyen de locomotion de toute personne désirant voyager sur le Nil. 
Le premier à s'enflammer pour ces bateaux fut Alain Fouquet, égyptologue reconnu, diplômé de l'école du Louvre. En 1987, il envisage de faire revivre un de ces superbes bateaux. En 1992, il propose à Didier Caille de se porter acquéreur d'une autre dahabeya et de rénover, ensemble, leurs deux navires. Didier, âgé aujourd'hui de 54 ans et amoureux de l'Égypte, accepte le challenge de la grande aventure égyptienne. « Remonter le Nil! Les trois mots ont, dans toutes les langues, signifié le voyage le plus idéal que l'être humain puisse entreprendre », disait A.B. de Guerville.

A bord avec des amis

Après un an de rénovation, la dahabeya de Didier, la «Vivant Denon» s'élance, toutes voiles dehors, sur les traces de Gérard de Nerval, Gustave Flaubert, Amélia Edwards, Maxime Du Camp... Grand moment pour le Charentais, devenu propriétaire d'une maison à rénover cette même année 1992 à Montboyer. 
Très vite, il réalise que ce petit bonheur de naviguer «à l'ancienne» sur un Nil calme et silencieux, au milieu des felouques, des barques de pêcheurs, mais aussi des gros hôtels flottants emplis de touristes, doit se partager. Il invite donc, quelques semaines par an des groupes de quatre à six amis qui ont en commun cette passion de l'histoire égyptienne, du Nil et de l'Égypte. Ils lui permettent de participer à l'entretien de son superbe bateau bleu et blanc de 30 mètres de long dont 17 habitables, habituellement à quai près du village « Möwenpick », qui lui offre l'accueil pour le plus grand plaisir des résidents un peu envieux. 
Le départ de la dahabeya à la voile, sous les ordres de Mohamed, le raïs du bord, est un moment inoubliable. Le vent dominant vient du Nord, il permet donc de remonter le cours du fleuve. Entre l'île aux crocodiles, à Louxor, et Edfou, le voyage prend des allures de rêve... Le paysage et les activités des fellahs ou des pêcheurs défilent lentement, les oiseaux s'envolent sans crainte, les petits pêcheurs s'approchent pour vendre le produit de leur récolte. De temps en temps, la dahabeya s'arrête sur la rive, son fond plat et son faible tirant d'eau n'étant pas un obstacle. 
Les visites se succèdent, temple de Louxor ou de Karnak, Vallée des Rois, nécropoles des nobles ou des artisans sous la conduite éclairée de Didier, villages vivants et grouillants d'enfants traversés à vélo, villes visitées en calèches ou traversées en taxi. Il faut même prendre le train à un moment pour rejoindre le « Vivant Denon
», où Esab attend ses convives autour d'un plat égyptien délicieux de parfum et de goût. Un séjour sur cette embarcation confortable reste un souvenir inoubliable, une façon rare de découvrir ce berceau de l'humanité qu'est l'Égypte, à moins de cinq heures d'avion de Paris.

Jean-Luc TENANT

Didier Caille: www.dahabeya.net. 
Téléphone 06.10.15.37.89. samedi 24 avril 2004 . Charente Libre.


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